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« Une Union autonome. Ouverte sur le monde » : telle est la devise de la présidence chypriote du Conseil de l’UE, qui a débuté le 1er janvier et se poursuivra jusqu’à fin juin, lorsque l’Irlande prendra le relais. En concluant les 18 mois de présidence partagée entre la Pologne, le Danemark et Chypre, Nicosie entend promouvoir une vision claire d’une Union plus autonome, en commençant par la sécurité et en maintenant son soutien à l’Ukraine.

Chypre, membre le plus oriental de l’UE, est un État insulaire divisé de la Méditerranée, comptant un peu moins d’un million d’habitants. La partie sud est gouvernée par les Chypriotes grecs, tandis que la partie nord l’est par les Chypriotes turcs. Cette dernière a été érigée en entité indépendante par une déclaration unilatérale en 1983 et n’est reconnue que par la Turquie, alors qu’elle est condamnée par la communauté internationale. Depuis son adhésion à l’UE en 2004, Chypre assure la présidence du Conseil de l’Union européenne pour la deuxième fois.

Lors de son premier mandat, au cours du second semestre 2012, « l’agenda stratégique était axé sur la résolution de la crise de la zone euro, le soutien à la croissance, à l’emploi et à la compétitivité, la modernisation de l’administration publique et le renforcement du marché unique », note la ministre des Affaires étrangères de l’époque, Erato Kozakou-Markoulis.

Quatorze ans après, les Chypriotes prennent la tête de l’UE dans un contexte radicalement différent et marqué par des tensions géopolitiques. « L’Europe est aujourd’hui confrontée à des défis inédits, engendrés par la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine et la situation au Moyen-Orient, dans un environnement mondial en pleine mutation et marqué par une instabilité croissante », observe Mme Markoulis.

Cependant, « l’Europe ne cède pas face aux crises, elle ne craint pas les défis. Au contraire, elle les accueille comme des opportunités et évolue », a souligné le président chypriote Nikos Christodoulides lors d’une cérémonie organisée le 21 décembre 2025 dans le village de Leukara, où ont été présentés le programme et les priorités de la présidence. M. Christodoulides était le porte-parole de la première présidence chypriote en 2012.

Afin de bâtir « une Union forte, stable et sûre », la présidence chypriote de l’UE s’articule autour de cinq piliers principaux : la sécurité, la compétitivité, l’élargissement, l’autonomie et l’équilibre budgétaire, a précisé M. Christodoulides.

Plus concrètement, ses cinq priorités sont « l’autonomie par la sécurité et la défense », « l’autonomie par la compétitivité », « une Union ouverte sur le monde, autonome », « une Union autonome de ses valeurs et pour tous » et « un budget pour une UE autonome ».

En ce qui concerne son logo, c’est la broderie traditionnelle de Leukara qui a inspiré la présidence, avec des formes orange évoquant le soleil méditerranéen. « L’essence du logo réside dans l’idée du fil : fragile individuellement, mais fort et solidaire lorsqu’il est tissé avec d’autres. C’est une métaphore de la force qui naît de l’unité », explique le gouvernement chypriote. Parallèlement, le bleu profond de l’UE en arrière-plan souligne l’identité de Chypre en tant que partie intégrante, mais distincte, de l’UE, parfaitement intégrée à la trame européenne.

La sécurité, priorité absolue

Pour le président Christodoulides, l’invasion russe de l’Ukraine a démontré « de la manière la plus claire qui soit » la nécessité de renforcer l’architecture de sécurité européenne et la capacité de défense. Par conséquent, « le soutien à l’Ukraine restera la principale priorité de la présidence chypriote ».

Dès le départ, Nicosie souhaite progresser sur la question du soutien financier à Kiev et s’appuyer sur les résultats du sommet européen de décembre, à savoir l’octroi par l’Union européenne d’un prêt de 90 milliards d’euros à l’Ukraine. À l’occasion du quatrième anniversaire de l’invasion russe, le 24 février, la présidence chypriote souhaiterait également approuver un nouveau train de sanctions contre la Russie, portant leur total à 20.

Sa vision est celle d’une Union européenne forte qui protège ses frontières et ses intérêts stratégiques tout en construisant des partenariats et des alliances fondés sur les valeurs démocratiques et le respect du droit international. C’est pourquoi la présidence chypriote s’engage à mettre en œuvre rapidement le Livre blanc sur la défense et à poursuivre toutes les initiatives clés en la matière, notamment l’instrument financier SAFE et le programme EDIP.

Toutefois, pour Chypre, la sécurité ne se limite pas au renforcement de la défense ; il s’agit d’un concept large, global et à plusieurs niveaux. La gestion efficace des migrations est donc également une priorité essentielle.

Le Pacte sur la migration et l’asile entrera en vigueur le 12 juin, durant la présidence chypriote. Il vise une meilleure gestion des flux migratoires, des contrôles plus efficaces et des renvois plus rapides des demandeurs d’asile déboutés. Trois autres règlements sont en cours d’approbation : sur le retour, sur les pays tiers sûrs et sur les pays d’origine sûrs.

Rester connecté et compétitif

Une autre priorité découle de la situation géographique stratégique de l’île : la mise en œuvre du Pacte pour la Méditerranée et la promotion de ses projets clés, que Christodoulides entend présenter lors d’un sommet informel qu’il organisera en avril. Les participants attendus sont dix chefs d’État des pays partenaires de la politique de voisinage méridional de l’UE et des représentants des pays voisins, dont le président turc Recep Tayyip Erdoğan.

Par ailleurs, le président chypriote a déclaré que l’une de ses priorités stratégiques est de « renforcer les relations de l’UE avec les organisations régionales telles que le Conseil de coopération du Golfe (CCG) et la Ligue des États arabes (LEA) ». Cela s’inscrit dans le cadre des efforts déployés par Nicosie pour renforcer les liens de l’Union avec ses partenaires au Moyen-Orient et en Méditerranée orientale.

Cet effort comprend également l’entente frontalière conclue entre Chypre et le Liban : en novembre, Nicosie a signé un nouvel accord de délimitation des zones économiques exclusives des deux pays – le dernier en date visant à ouvrir le commerce en haute mer en Méditerranée orientale.

De manière générale, Chypre souhaite tirer pleinement parti de sa position stratégique, non seulement pour les flux migratoires et les relations avec les partenaires susmentionnés, mais aussi en tant que pôle énergétique potentiel, à l’heure où l’UE achève de remplacer le gaz et le pétrole russes.

Dans le même esprit, la connectivité – en particulier pour les îles et les régions périphériques – demeure un pilier des stratégies portuaires et industrielles maritimes que la présidence entend promouvoir.

Au sein de l’Europe, Nicosie souligne l’importance de l’élargissement pour consolider la paix, la démocratie, la sécurité et la stabilité. Elle met également en lumière le rôle transformateur de l’élargissement pour les pays candidats, témoignant de leur engagement à réformer et à résoudre les différends de longue date avec leurs voisins, sur la base du droit, des valeurs et des principes européens.

À cet égard, M. Christodoulides a notamment évoqué l’Ukraine, la Moldavie et les Balkans occidentaux, soulignant l’engagement de la présidence chypriote à réaliser des progrès concrets dans les processus d’adhésion de ces pays.

Toutefois, dans le cas de l’Ukraine, l’impasse persiste. Les règles actuelles exigent que chaque étape du processus d’adhésion soit approuvée à l’unanimité par les 27 États membres de l’UE, et l’ouverture des premiers chapitres des négociations d’adhésion est toujours bloquée par la Hongrie.

Un défi : le budget à long terme 2028-2034

Chypre est également confrontée au défi de la négociation du prochain budget pour la période 2028-2034. Le Danemark a élaboré le premier cadre de négociation et Chypre devrait réaliser des progrès significatifs dans ce domaine.

Ce budget septennal couvre l’ensemble des dépenses de base de l’UE, des subventions aux agriculteurs et des fonds de cohésion destinés à soutenir les régions les moins développées, en passant par la construction d’infrastructures de transport et l’aide aux pays en développement.

Le président du Conseil européen, António Costa, entend parvenir à un accord sur le prochain Cadre financier pluriannuel (CFP) d’ici fin 2026. Ce calendrier est essentiel pour garantir la mise en œuvre sans interruption des nouveaux programmes de financement de l’UE dès début 2028, a-t-il déclaré récemment. Nicosie souhaite parvenir à une position de négociation d’ici fin juin.

De gauche à droite : António Costa (Président du Conseil européen), Nikos Christodoulides (Président de la République de Chypre). (Photo : Union européenne)

L’adoption du CFP s’annonce néanmoins complexe.

Par exemple, la proposition initiale de la Commission a été immédiatement critiquée par le Parlement européen. Les députés européens se sont notamment opposés aux « plans nationaux », à savoir l’idée de la Commission de fusionner les fonds destinés aux agriculteurs et aux régions (qui représentent environ la moitié du budget total de l’UE) en un fonds unique géré par les 27 États membres. Ce système marque une rupture avec le système actuel, où les régions jouent un rôle clé dans la gestion des financements, et deux années de négociations intensives sont attendues.

Concernant la proposition de nouvelle politique agricole commune (PAC) de l’UE au sein du CFP, certains États membres ont réagi négativement. Le ministre de l’Agriculture et du Développement rural de la République slovaque, Richard Takáč, a déclaré que la présidence chypriote pourrait ne pas obtenir gain de cause lors de ces négociations. « Certaines choses ne pourront finalement pas être convenues au niveau des ministres de l’Agriculture. Elles devront être abordées au plus haut niveau, c’est-à-dire au niveau des Premiers ministres », a estimé M. Takáč.

Parmi les autres priorités figurent le renforcement de l’État de droit dans toute l’Union, la mise en œuvre du plan européen pour le logement abordable, l’achèvement du marché unique et la consolidation du leadership numérique de l’Union.

La cérémonie d’ouverture officielle de la présidence chypriote du Conseil de l’UE se tiendra le 7 janvier à Lefkosia, nom donné à Nicosie par les Chypriotes grecs (Lefkoşa par la population turcophone).

Cet article est une key story de l’ENR. Son contenu repose sur des informations publiées par les agences participant à l’ENR.