« Les informations en provenance du Groenland sont très préoccupantes »
C’est ce que déclare la cheffe de la diplomatie de l’UE, Kaja Kallas, lors d’une conférence de presse jeudi à l’occasion d’une visite en Égypte.
« Nous discutons de la question avec les pays de l’UE. À quel point les menaces sont réelles, et ce que nous devons faire », déclare Kaja Kallas.
Le président des États-Unis, Donald Trump, a, après l’intervention des États-Unis au Venezuela, suscité une profonde inquiétude en Europe en réitérant le souhait de prendre le contrôle du Groenland.
Plus récemment, le vice-président des États-Unis, J.D. Vance, a, dans une interview à Fox News dans la nuit de mercredi à jeudi, heure danoise, répété sa critique du Danemark et de l’Europe pour ne pas avoir suffisamment pris en charge la sécurité groenlandaise et occidentale.
« Le Groenland est crucial – non seulement pour notre sécurité nationale – mais pour la sécurité nationale du monde », déclare Vance à Fox News.
« Toute l’infrastructure autour de la défense antimissile dépend en partie du Groenland », poursuit le vice-président.
Il évoque ensuite une situation hypothétique dans laquelle la Russie ou la Chine tirerait un missile contre des pays occidentaux.
« Je ne dis pas qu’ils vont le faire. Mais si – Dieu nous en préserve – quelqu’un à l’avenir tirait un missile nucléaire contre notre continent ou l’Europe, alors le Groenland serait un élément crucial de cette défense antimissile », déclare Vance.
« Alors on se demande : les Européens et les Danois ont-ils fait un travail correct pour sécuriser le Groenland et veiller à ce qu’il puisse être un élément crucial de la sécurité mondiale ? La réponse est qu’évidemment non »
La décision des États-Unis d’envoyer des forces spéciales au Venezuela pour appréhender le président du pays, Nicolas Maduro, a suscité une profonde inquiétude en Europe.
La question est de savoir si les États-Unis seraient également prêts à utiliser la force militaire ou économique pour prendre le contrôle du Groenland.
Sur ce sombre arrière-plan, le Danemark a obtenu le soutien d’un certain nombre de pays européens et nordiques.
Plus récemment mardi, lorsque le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, l’Italie, la Pologne et l’Espagne, dans une déclaration commune avec le Danemark, ont affirmé que les décisions concernant l’avenir du Groenland devraient être prises uniquement par le Groenland et le Danemark.
La Commission européenne a également souligné qu’elle soutient les principes internationaux visant à maintenir l’intégrité territoriale et la souveraineté des pays.
« Le Danemark est un bon allié pour les États-Unis, et les récentes déclarations n’aident pas à la stabilité dans le monde », déclare Kaja Kallas.
Elle affirme que les États-Unis, comme les autres pays, n’ont le droit d’utiliser la force militaire qu’en légitime défense et pour mettre en œuvre les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU.
« Les règles internationales sont claires, et nous devons nous y tenir. Elles protègent les petits pays, et il est dans l’intérêt de tous qu’elles soient respectées à tous les niveaux », déclare Kaja Kallas.
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