Tous les outils sont sur la table pour amener les États-Unis à revenir sur leurs menaces de droits de douane et de rachat du Groenland.
C’est ce que déclare le commissaire européen à l’économie Valdis Dombrovskis.
Cette annonce intervient à l’arrivée à la réunion des pays de l’Eurogroupe lundi à Bruxelles.
« Nous avons des outils à notre disposition. Pour l’instant, rien n’a été retiré de la table », déclare Dombrovskis.
L’UE a déjà préparé des droits de douane de rétorsion pour 93 milliards d’euros sur des produits américains dans le cadre de l’accord commercial de l’été.
Ces droits de douane peuvent être rapidement activés comme première étape.
Cela correspond au fait que des produits américains pour environ 690 milliards de couronnes danoises peuvent être frappés par des droits de douane européens en représailles.
Le président français, Emmanuel Macron, souhaite toutefois frapper Donald Trump beaucoup plus durement.
Macron plaide désormais pour l’activation de l’outil anti-coercition de l’UE, qui n’a encore jamais été utilisé.
On l’appelle aussi la « bazooka commerciale » de l’UE, car c’est la mesure économique la plus radicale que l’UE puisse prendre à l’encontre d’un pays tiers.
Elle peut être adoptée en deux temps à la majorité qualifiée. Ainsi, par exemple, la Hongrie ne peut pas opposer son veto.
La première étape consiste pour l’UE à constater qu’il s’agit d’une tentative de « coercition économique » contre un État membre.
À Bruxelles, on estime que ce critère est rempli. Notamment après les dernières menaces de Donald Trump de droits de douane sur les pays européens.
L’étape suivante consiste pour les dirigeants des pays de l’UE à décider ce que la « bazooka » doit concrètement viser.
C’est ce que les ministres des Finances de la France et de l’Allemagne doivent discuter lundi, a indiqué l’administration française ce week-end.
Dans sa version la plus radicale, l’Europe peut choisir d’exclure totalement les fournisseurs américains de l’UE.
Cela pourrait par exemple concerner les géants numériques américains comme Microsoft, Google et Amazon.
Le problème est que cela pourrait en même temps paralyser partiellement les entreprises européennes.
Ces trois entreprises dominent en effet le marché européen des solutions cloud, où les États-Unis représentent environ 70 pour cent du marché en Europe.
C’est l’une des raisons pour lesquelles l’Europe privilégie une solution diplomatique.
« Il faut souligner que l’UE reste solidaire du Royaume du Danemark, du Groenland et de leurs populations. Nous protégerons le principe de souveraineté, l’intégrité territoriale des pays de l’UE et aussi du Groenland. Les menaces de droits de douane ne sont pas acceptables comme moyen de traiter cette question », déclare Valdis Dombrovskis.
Il souligne que l’objectif est d’éviter une guerre commerciale entre l’UE et les États-Unis au sujet du Groenland.
« Nous devons garder à l’esprit que le Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement est le plus important au monde. Il y a donc beaucoup à perdre sur le plan économique. Tant pour l’Europe que pour les États-Unis et pour les entreprises et les salariés américains.
C’est pourquoi nous devons travailler à trouver une solution constructive qui respecte le droit international et tienne également compte de nos importantes relations économiques et géopolitiques », déclare Valdis Dombrovskis.
Ainsi, pour l’instant, l’UE s’engage sur la même voie attentiste qui a également caractérisé les négociations précédant l’accord commercial de l’été.
Celui-ci s’est soldé par 15 pour cent de droits de douane américains sur les produits européens.
Question : Si l’UE ne montre pas sa force face à Donald Trump maintenant, comment quelqu’un peut-il prendre l’UE au sérieux comme acteur géopolitique ?
« C’est évidemment un point important. C’est pourquoi je souligne également que nous devons respecter le droit international et travailler à protéger les intérêts économiques de l’Europe et des États-Unis. Il y a actuellement des consultations intensives, et plus tard dans la semaine se tiendra un sommet de l’UE où nous devrons discuter de la question et décider de la réponse de l’UE », déclare Valdis Dombrovskis.
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