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Les États membres de l’UE ne parviennent pas à s’entendre sur des sanctions concernant le financement de la recherche israélienne et de nombreuses universités européennes ont pris les choses en main et rompu leurs liens avec leurs partenaires.
Cette scission a donné lieu à une série de boycotts, de suspensions et de manifestations dans plusieurs universités : celles de certains pays appellent à une action de l’UE, tandis que d’autres s’y opposent fermement.
Désaccord au niveau de l’UE
En juillet, la Commission européenne a proposé de suspendre la participation d’Israël à certaines parties d’Horizon Europe, le principal programme de financement de l’UE pour la recherche et l’innovation.
Selon la Commission, le total net des fonds versés par l’Union aux participants israéliens dans le cadre de ce projet s’élève à 875,9 millions d’euros depuis 2021.
La suspension proposée affecterait la participation israélienne à l’Accélérateur du Conseil européen de l’innovation (CEI), qui fait partie d’Horizon Europe et finance les start-ups et les petites entreprises développant des technologies à double usage telles que la cybersécurité, les drones et l’intelligence artificielle.
Cette décision fait suite à un rapport du Service européen pour l’action extérieure (SEAE) concluant que les actions d’Israël à Gaza violent le principe de respect des droits humains, une condition inscrite dans l’Accord d’association UE-Israël qui sous-tend leurs relations politiques et économiques depuis 2000.
Plus de 62 000 personnes ont été tuées à Gaza depuis le 7 octobre 2023, selon le ministère de la Santé dirigé par le Hamas. Vendredi dernier, le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), soutenu par l’ONU, a déclaré l’état de famine dans le gouvernorat de Gaza, une région administrative qui comprend la ville du même nom.
Cependant, la proposition n’a pas reçu le soutien d’un nombre suffisant d’États membres pour être adoptée et une reprise des discussions est attendue après la pause estivale. La position de l’Allemagne est essentielle car elle n’est actuellement pas favorable aux sanctions contre Israël, tandis que pour les adopter, une majorité qualifiée est nécessaire.
Pression populaire sur les universités
La Croatie est un autre pays qui n’a pas soutenu la motion.
De nombreux universitaires croates ont vivement critiqué cette décision. En juillet 2024, un groupe de scientifiques, de chercheurs, d’universitaires et d’étudiants a créé l’Initiative pour une Académie de solidarité et de justice épistémique (IzASEP) afin d’exprimer leur « solidarité avec les victimes du génocide à Gaza ».
Le groupe a identifié au moins 40 projets de recherche scientifique menés en collaboration entre des institutions croates et israéliennes, financés par les programmes Horizon Europe et Erasmus.
Il exige la cessation immédiate de ces travaux et appelle au boycott académique de toute collaboration avec les institutions et universités de l’Etat juif en raison de ce qu’elle décrit comme « leurs liens avec le secteur militaro-sécuritaire israélien et la politique d’occupation et de génocide à Gaza ».
L’initiative recueille des signatures au sein de la communauté universitaire croate pour une lettre de solidarité avec Gaza. Début août, plus de 700 signatures avaient été recueillies.
Mi-août, l’Université de Ljubljana, en Slovénie, a appelé la Commission européenne à suspendre la participation israélienne à Horizon Europe. Elle a également décidé de s’abstenir de participer à des projets impliquant des universités et des organisations israéliennes.
Cette décision fait suite à un appel lancé en juillet par plus de 200 professeurs et membres du personnel, soutenus par leur syndicat, qui ont exhorté le recteur à exiger l’exclusion d’Israël des programmes de financement de l’UE.
Par la suite, Klavdija Kutnar, directrice de l’Université de Primorska, dans le sud-ouest de la Slovénie, a annoncé que l’établissement ne participerait plus à de nouveaux projets avec Israël une fois sa seule collaboration en cours terminée, à la fin de l’année. La troisième grande université du pays, celle de Maribor, n’a actuellement aucun projet commun avec ce pays.
En Belgique aussi des pressions apparaissent pour que des mesures soient prises. Le Conseil interuniversitaire flamand (VLIR), représentant les recteurs de la région néerlandophone, a rejeté la proposition de la Commission comme étant « symbolique » et, avec son homologue francophone CRef, a appelé à la suspension de l’ensemble de l’accord d’association UE-Israël en raison de violations des droits humains, « massives et objectivement documentées ».
Le militantisme étudiant a joué un rôle clé. En 2023, les occupations et manifestations dans les universités belges ont poussé plusieurs institutions à suspendre leur coopération avec des partenaires israéliens, même si certains projets sont maintenus.
Pour de nombreux étudiants et universitaires, la place d’Israël dans la recherche européenne est devenue un test de l’engagement de l’Union en faveur des droits humains. Pour d’autres, rompre les liens universitaires risque de compromettre le principe de coopération scientifique.
Les tensions ont de nouveau été mises au jour lorsque la promotion 2025 des diplômés en droit de l’Université Libre de Bruxelles a été baptisée du nom de l’eurodéputée franco-palestinienne Rima Hassan. Il s’agit d’une tradition symbolique sur laquelle chaque étudiant est appelé à voter. Cette décision a suscité des critiques et des personnalités françaises ont rédigé une lettre ouverte dénonçant le choix de cette femme politique de gauche et l’accusant de défendre le Hamas.
La décision a été approuvée par l’ULB jeudi après une réunion entre professeurs, chercheurs, personnel administratif et technique, étudiants et autorités.
Plusieurs universités italiennes – dont celles de Pise, Milan, Turin, Cagliari, Palerme et Florence, ainsi que l’École normale supérieure de Pise, – ont suspendu, interrompu ou réduit leurs collaborations avec des institutions israéliennes.
L’Espagne a également connu une action coordonnée. Le Conseil des universités, qui en représente 76 à l’échelle nationale, a annoncé en mai 2024 qu’il réexaminerait tous les accords avec les partenaires israéliens. Les collaborations doivent être suspendues si ces derniers sont jugés comme ne respectant pas le droit international humanitaire ou ne faisant pas preuve d’engagement en faveur de la paix.
Un continent divisé
L’Europe ne suit pas cette voie. En République tchèque, les universités n’ont annoncé aucune suspension ni aucun boycott, et le gouvernement reste fermement opposé aux sanctions européennes.
L’Allemagne, le plus proche allié d’Israël en Europe, résiste également. Le président de la Conférence des recteurs allemands (HRK), le professeur Walter Rosenthal, a déclaré en juin que suspendre Israël d’Horizon serait une erreur. « Cela affaiblirait considérablement le monde universitaire et la recherche en Israël, dans leur production internationalement reconnue, ainsi que dans leur capacité d’innovation, et porterait un préjudice durable à ce dernier en tant que porte-parole important du raisonnement universitaire en Israël, qui analyse, arbitre et rassemble différents points de vue et intérêts. »
La Hongrie, elle aussi, n’a pris aucune mesure visant à limiter la coopération.
Ce clivage souligne la difficulté pour Bruxelles de parvenir à une position commune entre les Vingt-Sept.
Les détracteurs des sanctions affirment qu’elles portent atteinte au principe de liberté académique et à l’idée que les universités doivent rester des espaces de collaboration ouverts au-delà de la politique. Ils avertissent que la suspension des liens risque de pénaliser les chercheurs individuels, y compris ceux qui pourraient s’opposer aux politiques de leur gouvernement, plutôt que l’État lui-même. Ils affirment également que le maintien des partenariats scientifiques favorise le dialogue et l’innovation.
Alors que les fonds d’Horizon Europe continuent d’affluer vers Israël, il reste à voir si des mesures seront prises au niveau de l’UE.
Cet article est une Key Story d’ENR. Le contenu est basé sur les informations des agences participant à l’ENR.
