Brno – Selon la Cour suprême (NS), la réglementation juridique tchèque relative à la conservation généralisée des données de communication électronique viole depuis longtemps et de manière particulièrement grave le droit de l’Union européenne. La loi reste toutefois en vigueur, la NS n’ayant pas le pouvoir d’abroger les lois. Un éventuel changement dépend des responsables politiques. Le ministère de l’Industrie et du Commerce (MPO) prend actuellement connaissance de l’arrêt et définira ensuite la marche à suivre. Les opérateurs doivent pour l’instant se conformer à la norme actuelle, a déclaré à ČTK le président de l’Association des opérateurs de réseaux mobiles Jiří Grund.
Le litige porte sur l’obligation pour les opérateurs de conserver les données permettant de déterminer qui a communiqué avec qui et depuis quel endroit. Le contenu des messages n’est pas conservé de manière généralisée. Le jugement est temporairement accessible sur le tableau d’affichage officiel. Selon celui-ci, la NS a rejeté le pourvoi du MPO, qui, en vertu du jugement définitif, doit présenter des excuses au journaliste Janu Cibulkovi pour l’atteinte portée à ses droits à la protection de la vie privée et des données personnelles. Cibulka a intenté une action contre l’État tchèque avec l’aide des avocats de l’association Iuridicum Remedium (IuRe) en 2021.
L’article litigieux prévoit concrètement que les exploitants de réseaux de communication doivent conserver les données de trafic et de localisation pendant six mois. Selon la cour, la réglementation ne répond pas aux exigences de la législation de l’Union et de la Cour de justice de l’UE. La NS a également réaffirmé sa conclusion antérieure selon laquelle l’État est responsable du préjudice matériel et moral causé par une mise en œuvre incorrecte des directives de l’Union.
« Si la cour affirme maintenant que la loi actuelle viole le droit de l’UE, c’est un signal avant tout pour le ministère et les législateurs afin qu’ils modifient la réglementation. Toutefois, tant qu’elle ne change pas, nous devons nous conformer à la loi en vigueur », a déclaré Grund. Il a souligné que, l’an dernier, le ministère de l’Intérieur souhaitait encore étendre l’obligation de conserver les données.
La conservation des données de trafic et de localisation a été examinée à plusieurs reprises par le passé par la Cour constitutionnelle. Celle-ci a annulé la réglementation à deux reprises. La dernière fois, en 2019, les juges constitutionnels ont toutefois rejeté la demande d’abrogation. La NS a cependant fait remarquer que, dans l’intervalle, la Cour de justice de l’UE avait rendu plusieurs arrêts importants qui ont durci la position sur la conservation généralisée des données. Les juges constitutionnels ont donc examiné à l’époque un autre état du droit et se sont en outre penchés principalement sur la conformité avec la constitution tchèque, tandis que la NS s’est concentrée sur le contexte européen.
Une nouvelle demande d’abrogation devrait éventuellement être déposée auprès de la Cour constitutionnelle par un requérant habilité, par exemple un groupe de députés ou de sénateurs. (8 janvier)
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