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Du « Qatargate » au « Huaweigate » en passant par la récente condamnation de Marine Le Pen, des scandales très médiatisés – tous au Parlement européen – ont mis en lumière la corruption au sein de l’UE et de ses institutions.

Vingt personnes ont été inculpées dans l’affaire du « Qatargate » en 2022. Des législateurs européens ont été accusés d’avoir accepté d’énormes pots-de-vin pour promouvoir les intérêts du Qatar et du Maroc – ce que les deux pays nient – mais l’affaire est enlisée dans des recours judiciaires, sans procès en vue.

Plus de deux ans plus tard, une enquête sur Huawei a été dévoilée. Huit personnes ont été inculpées début avril dans le cadre d’une affaire de corruption présumée au Parlement impliquant le géant technologique chinois. Elles sont accusées de corruption active, de blanchiment d’argent et de participation à une organisation criminelle, a indiqué le parquet fédéral belge, alors que les investigations sont en cours.

Par ailleurs, Marine Le Pen, cheffe de file du Rassemblement national (RN, extrême droite) français, a été condamnée à Paris le 31 mars pour avoir utilisé des fonds du Parlement européen (PE) estimés à 2,9 millions d’euros, afin d’employer des assistants qui travaillaient en réalité pour son parti en France entre 2004 et 2016. Mme Le Pen a nié tout acte répréhensible.

L’espoir d’éviter de nouvelles affaires au PE – ou dans toute autre institution européenne d’ailleurs – a grandi après la création début 2024 d’un organe commun d’éthique chargé de faciliter l’application de la loi et de renforcer la responsabilité au sein des institutions. Cet organe s’est cependant vite enlisé dans des querelles politiques.

Par ailleurs, un rapport de la Cour des comptes européenne publié lundi a révélé que l’allocation des fonds aux organisations non gouvernementales (ONG) manquait de transparence, ce qui alimente les inquiétudes quant à leur utilisation, l’intérêt du public pour la transparence s’étant accru après le scandale du « Qatargate ».

La situation devient d’autant plus trouble que l’UE cherche à combattre le recul démocratique, de la Turquie à la Hongrie, et à s’affirmer comme un rempart contre la vision du président américain Donald Trump d’un monde qui appartient au plus fort.

Qu’est-ce que le « Huaweigate » ?

Dans le dernier scandale qui secoue le Parlement depuis la mi-mars, les enquêteurs se penchent sur d’éventuels détournements de fonds ou cadeaux offerts par des représentants ou des lobbyistes de Huawei à des députés européens pour défendre ses intérêts dans le déploiement de la technologie de télécommunications 5G.

Mi-mars, une centaine de policiers ont perquisitionné 21 logements à Bruxelles, en Wallonie et en Flandre et arrêté sept lobbyistes liés au géant chinois. Le parquet belge a déclaré que les faits de corruption présumés remontaient à 2021.

L’utilisation de la technologie chinoise dans les communications mobiles occidentales est un sujet brûlant depuis des années. Les détracteurs de Huawei craignent que la Chine puisse accéder aux réseaux mobiles par l’intermédiaire de l’entreprise.

Huawei a toutefois souligné sa politique de tolérance zéro en matière de corruption. « Comme toujours, nous nous engageons à respecter toutes les lois et réglementations applicables », a déclaré le groupe.

Les autorités parlementaires, quant à elles, affirment coopérer pleinement à l’enquête. Peu après l’éclatement du scandale, le Parlement européen a interdit l’accès à ses locaux aux lobbyistes travaillant pour l’entreprise chinoise.

Qui est impliqué ?

L’un des principaux suspects est le Belgo-Italien Valerio Ottati, directeur des affaires publiques européennes de Huawei. Sept autres lobbyistes ont été inculpés, mais l’enquête se poursuit et la liste complète n’a pas été publiée.

Au cœur du dossier se trouve une lettre envoyée à la Commission européenne défendant les intérêts du géant technologique chinois, notamment le déploiement du réseau mobile 5G. Huit députés européens ont signé ce texte.

Les procureurs ont déclaré que Huawei avait payé deux sociétés intermédiaires pour acheminer des paiements aux eurodéputés en échange de la signature de la lettre. Le lobbyiste portugais Nuno Wahnon Martins, ainsi que M. Ottati, sont soupçonnés d’en être les auteurs.

Les autorités belges pensent que Martins a émis deux factures « fictives », d’un montant total de 45 950 euros, à une société de design belge et à une société d’événementiel britannique, qui ont elles-mêmes perçu des sommes importantes de Huawei Technologies Belgium avant et après l’envoi de la lettre à la Commission.

Martins a également été conseiller de l’eurodéputé italien Fulvio Martusciello entre 2015 et 2019. Selon des médias italiens, Martusciello est l’un des signataires de la lettre qui aurait été utilisée pour tenter d’influencer les décisions de la Commission.

L’ancien eurodéputé conservateur slovène Franc Bogovič a également été mentionné dans un article de la plateforme de journalisme d’investigation « Follow the Money », mais n’est actuellement pas suspecté dans l’enquête. En 2019, Bogovič a animé une table ronde sur la cybersécurité organisée par un lobbyiste de Huawei et s’est rendu dans les bureaux de l’entreprise à Ljubljana en 2016. Il a nié toute implication dans le scandale.

Des scandales en série minent la confiance du public

L’organisme européen de surveillance de l’éthique, nouvellement créé, a déclaré que la succession de scandales « porte atteinte à la confiance du public dans l’UE ».

Si ces récentes affaires continuent d’ébranler le cœur démocratique de l’Union à Bruxelles, le détournement de fonds européens dans l’ensemble du bloc n’est pas nouveau.

La semaine dernière, le Parquet européen (EPPO) et ses homologues locaux ont perquisitionné le ministère croate des Affaires étrangères dans le cadre d’une enquête sur une utilisation illégale présumée de fonds.

Ces recherches « font suite à une enquête pénale sur un possible abus de pouvoir au sein du ministère… concernant des sommes provenant du Fonds pour la sécurité intérieure (de l’UE) et du budget de la République de Croatie », a déclaré l’EPPO.

L’enquête vise sept personnes, selon la chaîne de télévision publique HRT. Elles sont soupçonnées d’avoir falsifié des factures d’hôtel et des frais de véhicules utilisés lors de voyages officiels à l’étranger entre 2019 et 2024.

En 2011, Zoran Thaler, alors député européen et ancien ministre slovène des Affaires étrangères, a démissionné après que l’hebdomadaire britannique The Sunday Times a écrit qu’il avait accepté des pots-de-vin de journalistes se faisant passer pour des lobbyistes en échange du dépôt d’amendements législatifs. Il a ensuite plaidé coupable et a été condamné par le tribunal de grande instance de Ljubljana.

Le Parquet européen a ouvert 18 enquêtes en Slovénie en 2024 pour détournement présumé de fonds européens, pour un montant total de 16 millions d’euros, selon son dernier rapport annuel.

En République tchèque, la dernière affaire impliquant des fonds européens concerne l’ancien directeur de l’hôpital universitaire Motol de Prague – et ancien ministre social-démocrate de la Santé – Miloslav Ludvik, et son adjoint, Pavel Budinsky. Ils auraient été corrompus par des entrepreneurs qui fournissaient des projets de construction, des services de nettoyage ou des travaux d’entretien à l’hôpital. Les contrats s’élevaient à environ 160 millions d’euros.

Le Parquet européen a traité 71 nouvelles affaires en République tchèque l’année dernière, soit 28 de plus que l’année précédente, pour un préjudice total estimé à 596 millions d’euros, selon le rapport annuel.

En Bulgarie, l’EPPO enquête depuis l’été 2024 sur l’extension de l’usine gazière de Chiren, pour détournement présumé de fonds européens. En mars, il a suspendu la procureure européenne Teodora Georgieva après qu’elle s’est récusée de l’affaire, invoquant des préoccupations de sécurité et accusant Delyan Peevski, homme politique et chef du parti MRF-Nouveau départ, d’avoir fait pression sur les entrepreneurs pour qu’ils s’écartent des spécifications et des normes de sécurité, à des fins lucratives personnelles et d’avoir interféré avec l’enquête. Peevski nie les allégations de Georgieva.

La suspension de Georgieva a coïncidé avec une fuite dans les médias de vidéos réalisées secrètement, suggérant une tricherie lors de son élection au poste de procureure européenne.

Le rapport 2024 du Parquet européen indique qu’au 31 décembre, 254 enquêtes étaient en cours concernant la Bulgarie, pour un préjudice total estimé à 1,13 milliard d’euros. Parmi elles, 19 étaient liées à la corruption.

Selon le document, c’est l’Italie qui est responsable des dommages estimés les plus importants au budget de l’UE, liés aux enquêtes sur des allégations de fraude et de malversations financières. Fin 2024, 764 enquêtes étaient en cours pour de tels cas, pour un préjudice estimé à 7,05 milliards d’euros, dont 4,65 milliards d’euros pour fraude à la TVA.

L’Italie arrive également en tête en termes d’enquêtes ouvertes pour fraude concernant le financement du programme NextGenerationEU, avec 228 enquêtes en cours sur un total de 311.

Le rapport indique également qu’au total 2 666 enquêtes ont été ouvertes, pour un préjudice global estimé à 24,8 milliards d’euros pour le budget de l’UE.

Le Parquet européen, opérationnel depuis juin 2021 et composé de 24 pays participants, traite des fraudes transfrontalières à la TVA, des fraudes affectant les dépenses de l’UE et des fraudes douanières, ainsi que des affaires de corruption, de détournement de fonds et de blanchiment d’argent qui y sont liées.

Cet article est publié deux fois par semaine. Son contenu est basé sur les informations des agences participant à l’ENR