BRUXELLES – La Commission européenne a proposé mardi de garantir à l’avance, dès 2028, 45 milliards d’euros pour la politique agricole dans le prochain budget pluriannuel de sept ans, afin d’apaiser les agriculteurs et d’assurer un soutien à la signature de l’accord commercial avec le Mercosur, le bloc commercial sud-américain.
La présidente de la Commission Ursula von der Leyen a envoyé mardi une lettre à la présidence chypriote et à la présidente du Parlement européen Roberta Metsola, dans laquelle elle propose de libérer à l’avance, à partir de 2028, 45 milliards d’euros pour soutenir le secteur agricole.
Ce montant constitue une avance sur des fonds qui seraient potentiellement disponibles plus tard, lors de la révision à mi-parcours du budget pluriannuel de sept ans.
En juillet de l’année dernière, la Commission a présenté une proposition de cadre financier pluriannuel (CFP) dans laquelle elle a regroupé les fonds pour l’agriculture et la politique de cohésion, qui pourront être utilisés via des plans nationaux et régionaux de partenariat grâce auxquels chaque État membre recevra son enveloppe financière, comme ce fut le cas pour les fonds de relance et de résilience.
En outre, les fonds pour l’agriculture et la cohésion, qui dans les précédents budgets pluriannuels étaient séparés en programmes distincts, sont désormais considérablement réduits. Auparavant, environ les deux tiers du budget étaient destinés à l’agriculture et à la cohésion, alors que maintenant moins de la moitié est proposée.
« Afin de garantir la disponibilité de fonds supplémentaires à partir de 2028 pour répondre aux besoins des agriculteurs et des communautés rurales, je propose que les États membres, lors de la présentation de leur plan initial, aient accès à jusqu’aux deux tiers du montant qui est normalement disponible jusqu’à la moitié de la période budgétaire. Cela représente environ 45 milliards d’euros qui peuvent être immédiatement mobilisés pour soutenir les agriculteurs », indique la lettre de la présidente de la Commission.
La lettre a été envoyée la veille de la réunion extraordinaire des ministres de l’Agriculture des États membres afin que la Commission obtienne le soutien d’une partie des pays qui s’opposent à la signature de l’accord avec le Mercosur, qui regroupe l’Argentine, le Brésil, l’Uruguay et le Paraguay.
La France, l’Italie et la Pologne sont les plus opposées à l’accord, leurs agriculteurs redoutant la concurrence sud-américaine. La signature de l’accord nécessite une majorité qualifiée des États membres, et il est prévu que les représentants des États membres en débattent et votent vendredi. La présidente de la Commission Ursula von der Leyen prévoit de se rendre le 12 janvier au Paraguay pour signer l’accord si elle obtient un soutien suffisant des États membres.
Les négociations sur l’accord commercial avec le Mercosur durent depuis plus de 25 ans. L’accord permettrait à l’UE d’exporter davantage de voitures, de machines, de vins et de spiritueux vers l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay. En contrepartie, l’accord faciliterait l’importation en Europe de viande, de sucre, de riz, de miel et de soja sud-américains, ce qui a provoqué l’inquiétude des agriculteurs. (6 janvier 2026)
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