Après 26 ans de négociations, l’UE est désormais sur le point d’approuver l’accord commercial avec les pays sud-américains du Mercosur.
Cela est clair après qu’une majorité qualifiée des pays de l’UE a donné vendredi son feu vert à l’accord lors d’une réunion des représentants permanents des États membres de l’UE.
On attend maintenant une approbation formelle par procédure écrite.
Celle-ci devrait être achevée vendredi soir, indique un diplomate de l’UE. Ainsi, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, pourrait peut-être déjà se rendre en Amérique du Sud la semaine prochaine pour signer l’accord.
C’est finalement l’Italie qui a eu la voix décisive en raison des règles particulières de l’UE sur ce qui constitue une majorité qualifiée.
Les règles exigent que 15 des 27 États membres de l’UE soutiennent la proposition. En même temps, ces au moins 15 pays doivent représenter ensemble 65 pour cent de la population de l’UE.
Comme de grands pays de l’UE tels que la France et la Pologne ont clairement indiqué qu’ils diraient non, l’Italie était décisive.
Lors du sommet de l’UE en décembre, la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, avait d’abord affirmé qu’elle souhaitait quelques semaines supplémentaires pour garantir une meilleure protection de l’agriculture européenne.
C’est le résultat de ce travail qui a maintenant conduit l’Italie à donner son feu vert.
Le bloc commercial sud-américain Mercosur est composé de l’Argentine, de la Bolivie, du Brésil, du Paraguay et de l’Uruguay.
L’accord commercial ouvrira ainsi un marché commun de plus de 700 millions de consommateurs répartis entre les quatre pays et l’UE.
L’espoir est que cela puisse ouvrir la voie à une augmentation des exportations et donc des revenus pour l’Europe.
Cependant, l’accord a été accueilli par d’importantes manifestations d’agriculteurs notamment en France, en Pologne et en Belgique.
Sur cette base, le président français, Emmanuel Macron, a annoncé jeudi que la France voterait contre l’accord.
« La France est favorable au commerce international, mais l’accord UE-Mercosur est un accord d’un autre temps, qui a été négocié beaucoup trop longtemps sur des bases beaucoup trop dépassées », a écrit Macron sur X jeudi.
Macron a en même temps rappelé que le parlement français avait rejeté l’accord à l’unanimité.
L’opposition de la France n’a toutefois pas suffi à stopper l’accord commercial.
L’accord a pris une importance particulière depuis que le président des États-Unis, Donald Trump, a instauré des droits de douane sur les produits européens, ce qui a renforcé l’ambition de l’UE de trouver de nouveaux marchés afin de devenir plus indépendante des États-Unis.
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