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Bruxelles/Strasbourg. Le Parlement européen a approuvé mercredi une proposition controversée visant à attribuer un label de financement durable aux investissements dans le gaz et l’énergie nucléaire. Cette proposition fait partie du guide de l’UE sur le financement durable, appelé « taxonomie », destiné à canaliser les investissements privés afin d’aider l’Union européenne à atteindre son objectif climatique pour 2050 : « zéro émission nette » de gaz à effet de serre. Pour les entreprises, ce vote est pertinent car il pourrait influencer les décisions de placements des investisseurs et donc avoir un impact sur les coûts de financement des projets, par exemple. Les investisseurs devraient en outre être en mesure d’éviter d’investir dans des secteurs économiques nuisibles au climat.

Dans un premier temps, il avait été décidé l’an dernier de considérer la production d’électricité à partir de panneaux solaires, d’énergie hydraulique ou d’énergie éolienne comme respectueuse de l’environnement. La Commission européenne, sous la pression de la France, qui repose sur le nucléaire, et de l’Allemagne, qui dépend du gaz, fait valoir que le gaz naturel et l’énergie nucléaire, en tant que sources d’électricité propres, ont un rôle à jouer dans la transition vers un avenir sans carbone.

La France exploite actuellement plus de 50 réacteurs nucléaires et prévoit de continuer à miser sur cette technologie afin de réduire les émissions de carbone. Le gouvernement s’est donc beaucoup investi ces derniers mois pour inclure l’énergie nucléaire dans les portefeuilles d’investissements verts. La Pologne a également déclaré qu’investir davantage dans le gaz et l’énergie nucléaire l’aiderait à se passer du charbon. Sur un total de 27 États membres de l’UE, environ la moitié disposent de centrales nucléaires.

Partisans et opposants ont des arguments

Vingt syndicats du secteur de l’énergie en Bulgarie, Belgique, Finlande, France, Lituanie, Roumanie, Slovaquie, Slovénie, Croatie, République tchèque et Hongrie sont favorables à l’inclusion de l’énergie nucléaire et du gaz dans la taxonomie européenne.

« En cas de vote positif, l’énergie nucléaire serait exclue de la taxonomie, ce qui serait préjudiciable à la Slovénie, à ses citoyens et à l’environnement », a déclaré l’association des experts nucléaires slovènes.

Selon eux, l’énergie nucléaire en Slovénie apporte une contribution importante à la fiabilité et à la stabilité de la production d’électricité, réduit les émissions de gaz à effet de serre, favorise le développement et augmente la part de la production nationale.

L’énergie nucléaire constitue donc la base de l’indépendance énergétique de la Slovénie et fait partie de la stratégie REPowerEU de l’UE, qui vise à mettre fin à la dépendance vis-à-vis des combustibles fossiles russes, ajoutent les experts. L’association souligne aussi que le maintien de l’énergie nucléaire en Europe est crucial pour la transition vers une société climatiquement neutre.

En Italie, les politiciens sont divisés sur la question. Le ministre italien de la Transition écologique, Roberto Cingolani, l’exprime clairement :

« La science n’est pas une opinion, elle est constituée de chiffres. Et les chiffres disent que l’énergie nucléaire est plus avantageuse que d’autres technologies en termes d’émissions de gaz à effet de serre. »

Cingolani voit plutôt l’avenir dans de nouvelles technologies, comme les brise-glace à propulsion nucléaire « qui ne consomment pas d’uranium, ne produisent pas de déchets, nécessitent peu d’énergie et sont quand même sûrs ».

Les détracteurs de l’énergie gazière évoquent la guerre en Ukraine comme la raison la plus impérieuse du rejet du label vert. Ils estiment qu’encourager les investissements ne ferait qu’accroître la dépendance vis-à-vis des approvisionnements russes. Les opposants à l’énergie nucléaire évoquent le risque d’accidents et la menace que représentent les déchets nucléaires, et considèrent les énergies solaire et éolienne comme la meilleure voie pour l’avenir.

Résistance de l’Autriche et du Luxembourg

Le Premier ministre tchèque Petr Fiala a qualifié l’acte juridique de mercredi de « compromis difficilement négocié et fragile ». Ce politicien libéral-conservateur affirme qu’un certain nombre d’États membres de l’UE ont besoin de telles règles pour remplir leurs obligations liées aux objectifs climatiques communs. Celles-ci prévoient que l’UE devienne climatiquement neutre d’ici 2050.

La proposition s’est surtout heurtée à l’opposition de l’Autriche et du Luxembourg. Les ministres de ces deux pays ont réaffirmé leur intention de porter plainte contre cette labellisation si elle n’était pas bloquée par les États membres avant son entrée en vigueur.

La ministre autrichienne de la Protection de l’environnement, Leonore Gewessler, a tweeté que l’Autriche déposerait une plainte en annulation, déjà préparée, auprès de la Cour de Justice européenne (CJE) dès que le programme de « greenwashing » entrerait en vigueur. La politicienne des Verts a ajouté qu’elle allait essayer de « gagner d’autres alliés ».

« Nous nous sommes préparés intensivement à cette affaire au cours des dernières semaines et des derniers mois et nous déposerons notre plainte dans les délais »,

a déclaré Gewessler mercredi.

Il est peu probable que l’Autriche et le Luxembourg trouvent suffisamment d’alliés pour empêcher l’entrée en vigueur de la loi.

Un blocage par une majorité d’États membres est exclu

La mise en œuvre de la proposition de la Commission peut encore être évitée si, d’ici le 11 juillet, au moins vingt États de l’UE représentant au moins 65 % de la population totale de l’UE s’unissent. Il est toutefois exclu qu’une telle majorité soit atteinte au sein du Conseil de l’UE, en raison de l’intérêt de nombreux États pour l’utilisation de l’énergie nucléaire. L’acte juridique entrera donc probablement en vigueur début 2023.

Cet article paraît le vendredi. Le contenu est basé sur les articles des agences participantes au sein de l’enr.