Vienne (APA) – Le gouvernement fédéral d’Autriche a souligné mardi la ligne de communication adoptée la veille par le chancelier fédéral Christian Stocker (ÖVP) concernant la politique de chantage du président américain Donald Trump sur la question du Groenland. Le ministre autrichien de l’Économie Wolfgang Hattmannsdorfer (ÖVP) a déclaré que l’Europe ne devait « pas rester les bras croisés » face aux ambitions de Trump. Le ministre des Infrastructures Peter Hanke (SPÖ) a souligné qu’il s’agissait aussi de rendre claire la force économique de l’Europe.
Lundi, le chancelier fédéral Stocker avait déclaré à l’APA que l’UE devait « réagir avec assurance et unité ». Hanke a parlé mardi de la nécessité d’une « double stratégie » : il s’agit, d’une part, de montrer que l’Europe continue d’avoir un intérêt pour la coopération économique, mais aussi, d’autre part, de rendre claire sa force économique.
« Je pense en effet qu’il est bon de montrer que l’on est très fort dans de nombreux domaines – et que cela pourrait déjà faire mal, s’il ne nous restait pas d’autre voie que de démontrer, par des droits de douane et d’autres moyens, que l’Europe est prête à suivre sa propre voie », a déclaré Hanke lors du point de presse après le Conseil des ministres mardi.
Dans le même temps, il a souligné qu’il était également important, d’un autre côté, d’avoir une stratégie fondée sur la « coordination, la communication et la meilleure intégration possible des partenaires ». « Il ne faudrait pas abandonner trop vite ce qui a été construit au fil des décennies » – mais plutôt essayer de montrer, aux États-Unis, au-delà de Trump, « comment l’Europe pense ».
Hattmannsdorfer : l’Europe ne doit « pas rester les bras croisés »
Le ministre de l’Économie Wolfgang Hattmannsdorfer (ÖVP) a parlé d’un « ordre mondial darwinien » en train de se mettre en place. « Là, l’Europe ne doit pas rester les bras croisés. » L’Europe dispose du plus grand marché intérieur et de « l’ambition de jouer un rôle de leader sur les plans géoéconomique et géopolitique ». Il va de soi que tout devrait être réglé par le dialogue.
Hattmannsdorfer a également rappelé que l’Autriche réalise avec les États-Unis un excédent commercial de quatre milliards d’euros. « Cela signifie que les États-Unis sont, après l’Allemagne, le marché clé et extrêmement important pour notre prospérité. » L’Europe ne doit toutefois « pas mourir de beauté », a souligné le ministre. Le continent doit « se présenter uni ». « Le plus grand danger serait que certains acteurs fassent cavalier seul », a-t-il déclaré.
Une « ligne commune » européenne nécessaire
Interrogé pour savoir si les déclarations du ministre hongrois des Affaires étrangères Peter Szijjarto, qui avait affirmé la veille que son pays ne participerait pas à une déclaration commune de l’UE sur l’avenir du Groenland, constituaient déjà un tel cavalier seul, Hattmannsdorfer n’a pas voulu se prononcer. Il est « avisé et judicieux » que les chefs de gouvernement européens se réunissent désormais sur ces questions et défendent ensuite une « ligne commune ». Il va de soi que cette discussion donnera lieu à un échange de points de vue, a-t-il déclaré. Szijjarto avait auparavant déclaré, lors d’une visite à Prague, que la question était une affaire bilatérale et non un sujet pour l’Union européenne.
Trump avait auparavant – après l’envoi de troupes sur l’île danoise par plusieurs États européens – annoncé, le week-end, des droits de douane punitifs contre les États concernés si le Danemark ne consentait pas à la vente de l’île aux États-Unis. Ces menaces ont suscité de vives réactions de la part des États européens. Le président du Conseil européen António Costa a annoncé un sommet extraordinaire des chefs d’État et de gouvernement afin de discuter d’une réponse concrète. D’importantes mesures de rétorsion en matière de politique économique, comme des droits de douane punitifs, sont envisagées. (20.01.2026)
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