Des dizaines de milliers de personnes seraient déjà mortes suite à la vaccination contre le Covid-19. Sur les réseaux sociaux, certains internautes affirment qu’il n’y a aucun doute à ce sujet ; ils soulignent que les chiffres se basent sur les données de l’Agence européenne des médicaments (EMA).

Évaluation

Les statistiques de l’EMA ne renseignent que sur les cas suspectés d’effets secondaires, et non sur les effets secondaires avérés. De plus, les données chiffrées publiées sur les réseaux sociaux reposent sur des malentendus graves.

Faits

Depuis le début de la vaccination contre le Covid-19, des allégations similaires concernant de prétendus décès apparaissent régulièrement. Dans un post Facebook, on peut notamment lire ceci : « Je vous invite à consulter et partager le site de l’European Medicines Agency qui met à jours les décès liés à la piqûre. Si on vous traite de Co(n)plotiste, envoyez-les vers le site. Affaire à suivre…. »

Dans une photo jointe, un graphique portant le logo de l’EMA est diffusé. Il y est affirmé qu’il y a eu (au 23 avril 2022) exactement 43 898 décès à la suite de vaccinations contre le Covid-19. Selon ce graphique, environ 20 000 de ces décès sont imputables au vaccin de Pfizer/BioNTech, près de 9 000 à celui d’AstraZeneca, près de 12 000 à celui de Moderna et quelque 2 700 à celui de Johnson & Johnson.

Ces chiffres correspondent aux 44 137 « décès » qui figurent actuellement (au 3 mai 2022) dans la base de données de l’EMA en rapport avec les effets secondaires possibles des vaccins. Ils ne signifient toutefois pas que plus de 44 000 personnes sont décédées des suites d’effets secondaires de ces vaccins. Cela s’explique par une particularité des données et par la manière dont elles ont été obtenues.

Le nombre de 44 137 est obtenu en additionnant les données relatives à 27 groupes dits de « réaction », dont certains sont très détaillés. Cette liste de groupes va des symptômes de « troubles sanguins et lymphatiques » aux « troubles vasculaires », en passant par les « troubles respiratoires », la « grossesse » ou encore les « troubles rénaux et urinaires ». Lorsqu’un patient chez qui différentes maladies ont été diagnostiquées décède, il est compté comme dans chacun de ces « groupes de réaction ». Cela signifie que pour de nombreux patients, il y a plusieurs entrées pour différents diagnostics avec le mot anglais « fatal » (décédé).

C’est pourquoi le site web de l’EMA contient plusieurs avertissements qui expliquent en détail l’origine de ces chiffres. D’une part, il est précisé qu’il ne s’agit pas d’effets indésirables avérés : « Les informations présentées sur ce site concernent les effets indésirables suspectés, en d’autres termes, les effets qui ont été observés à la suite de l’administration ou de l’utilisation d’un médicament. Cependant, ces effets indésirables suspectés peuvent ne pas être liés au médicament ou ne pas avoir été provoqués par ce dernier. » 

D’autre part, la plateforme contient un avertissement particulier pour les cas mortels inclus dans les statistiques. Il lit comme suit (traduit de l’anglais) : « Ce site web ne fournit pas le nombre total de cas rapportés ayant eu une issue fatale. Il fournit le nombre de cas rapportés comme fatals pour des groupes de réactions spécifiques (par exemple, troubles cardiaques) et pour des réactions spécifiques (par exemple, infarctus du myocarde). Comme un cas individuel peut contenir plus d’un effet secondaire suspecté, la somme du nombre de cas mortels par groupe de réactions sera toujours supérieure au nombre total de cas mortels. »

Contrairement à ce qui est affirmé dans le post Facebook, les chiffres contenus dans cette base de données ne concernent donc pas les « décès liés à la piqûre ». Des interprétations erronées des chiffres de l’EMA ont déjà fait l’objet de vérifications de la dpa par le passé.

Liens

Post Facebook (version archivée)

Base de données EMA (version archivée)

Avertissement EMA (version archivée)

Avertissement EMA 2 (version archivée)

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