Paris – « Non, la civilisation européenne ne s’effacera pas. Mais oui, notre organisation politique est aujourd’hui en danger, malgré sa stabilité si précieuse dans un monde imprévisible, malgré ses immenses richesses scientifiques, technologiques, culturelles et financières », a estimé Jean-Noël Barrot.
Dans leur stratégie de sécurité nationale publiée en décembre, les Etats-Unis estiment que le déclin économique de l’Europe « est éclipsé par la perspective réelle et plus sombre d’un effacement civilisationnel ».
« Non, l’Europe n’est pas au bord de l’effacement civilisationnel et les voix présomptueuses qui le prétendent feraient mieux de prendre garde à leur propre effacement », a rétorqué le ministre français.
Mais l’Union européenne est, selon lui, « menacée de l’extérieur par des adversaires qui tentent de détricoter les liens de solidarité qui nous unissent » et « de l’intérieur par la lassitude démocratique ».
« Soyons lucides, rien ne nous garantit aujourd’hui que nous vivrons encore au sein de l’Union européenne telle que nous la connaissons dans dix ans », a-t-il mis en garde.
Les Etats-Unis sont « des alliés avec lesquels nous ne sommes pas toujours alignés », a-t-il encore observé.
« En quelques mois, la nouvelle administration américaine a décidé, et c’est son droit, de repenser les liens qui nous unissent. C’est aussi notre droit de dire non à un allié historique, tout aussi historique soit-il, lorsque sa proposition n’est pas acceptable et lorsqu’il faut dire non », a martelé le chef de la diplomatie française. (9 janvier 2026)
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