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L’Union européenne se prépare à l’impact : le président américain Donald Trump s’apprête à annoncer des droits de douane drastiques à tous les pays à l’occasion de ce qu’il surnomme « jour de la libération » des États-Unis, le 2 avril.

Trump souhaite imposer d’importantes mesures protectionnistes, en raison de ce qu’il a qualifié d’années d’arnaques pratiquées au détriment des Américains par les pays européens et autres, afin de corriger des déséquilibres commerciaux prétendument injustes.

Il fait pression en coulisse pour des mesures plus agressives, dans lesquelles il voit une opportunité historique de transformer radicalement l’économie américaine, selon des sources à la Maison Blanche.

Le président a d’ailleurs admis devant ses plus proches collaborateurs avoir commis une erreur lors de ses quatre premières années à la Maison Blanche en laissant certains de ses conseillers le dissuader d’augmenter les droits de douane, laissant entendre qu’il ne souhaitait pas commettre la même erreur.

Tout en affichant sa confiance dans cette opération, la Maison Blanche craint que l’annonce attendue mercredi ne provoque une nouvelle secousse sur les marchés financiers, déjà agités par les craintes d’une possible stagflation, causée en partie par les droits eux-mêmes.

Le vice-président américain J.D. Vance et la cheffe de cabinet de la Maison Blanche, Susie Wiles, ont d’ailleurs avoué en privé ne pas savoir exactement ce que fera Trump, qui a semblé se contredire à plusieurs reprises ces dernières semaines.

Depuis son entrée en fonction en janvier, la nouvelle administration américaine a menacé d’ordonner, et dans certains cas a effectivement imposé, des droits de douane sur des marchandises en provenance de pays comme le Mexique, la Chine et le Canada, ainsi que sur des secteurs ciblés, notamment l’aluminium, l’acier et l’automobile.

Les échanges commerciaux entre l’UE et les États-Unis sont un sujet majeur du mandat du président américain Donald Trump. Le porte-conteneurs Maersk Line Manila est à l’ancre au terminal ECT Delta dans le port de Rotterdam, aux Pays-Bas, le 1er août 2022. (Photo : JOHN THYS / AFP)

Trump a également évoqué l’idée de droits de douane universels ou réciproques, applicables à la plupart des importations, quel que soit leur pays d’origine.

L’annonce attendue incessamment a également poussé les investisseurs et les entreprises d’Europe et du monde entier à se positionner face à l’incertitude croissante, sans que Washington fournisse de détails précis.

Trump fustige régulièrement l’Union européenne

La menace proférée la semaine dernière par le président américain d’imposer des droits de douane de 25 % sur les importations de voitures et de pièces détachées a accentué l’inquiétude. Certains préviennent que l’instabilité devrait perdurer, les gouvernements réagissant à ces mesures soit en tentant d’infléchir le républicain, soit en ripostant.

Trump s’est montré particulièrement critique à l’égard de l’Union européenne, car les États-Unis importent davantage de voitures de l’UE qu’inversement.

Le milliardaire de 78 ans a exprimé à plusieurs reprises sa colère par le passé concernant les droits de douane appliqués par l’Europe sur les importations de voitures en provenance des États-Unis. Alors que les États-Unis ne prélèvent que 2,5 %, les Vingt-Sept imposent 10 % sur les autos américaines.

En revanche, les droits de douane américains sur les pick-up et les véhicules utilitaires légers sont nettement plus élevés, à 25 %. Certaines entreprises les produisent donc aux États-Unis ou livrent les véhicules en pièces détachées et les assemblent sur place.

Trump est également préoccupé par d’autres réglementations européennes, telles que des normes strictes en matière d’émissions et de sécurité, qui pourraient constituer des obstacles supplémentaires au commerce. Un membre de son équipe a déclaré que les droits de douane de 25 % s’ajouteraient aux droits de douane existants sur les importations de voitures.

Quelles économies européennes sont menacées ?

L’Allemagne, qui se concentre d’abord sur le secteur automobile et qui est un grand pays exportateur, pourrait être durement touchée. Cependant, l’exposition au choc tarifaire de Trump s’étend à toute l’Europe, du Portugal et du Danemark jusqu’à la Bulgarie.

En République tchèque, la Confédération de l’industrie, l’Association de l’industrie automobile et le constructeur Skoda Auto ont averti que de nombreux exportateurs risquaient de perdre des commandes. L’impact indirect sur le secteur pourrait être considérables, même si seulement 0,8 % des exportations automobiles tchèques sont destinées au marché américain, selon la Chambre de commerce.

Le ministre bulgare des Affaires étrangères, Georg Georgiev, a également averti que les nouveaux droits de douane américains affecteraient le développement du réseau de supercalculateurs en Europe et auraient des conséquences pour la recherche bulgare.

La présidente de la Chambre de commerce et d’industrie slovène (GZS), Vesna Nahtigal, a souligné l’importance cruciale de l’industrie automobile pour l’économie nationale. Les voitures et pièces détachées envoyées aux États-Unis représentent 6,3 % des exportations slovènes vers ce pays.

L’UE doit bien réfléchir avant de réagir aux mesures américaines, a-t-elle averti. Une réponse est nécessaire, mais il pourrait également être judicieux d’apaiser la situation.

« Je pense que les droits de douane et les restrictions du libre marché ne sont bénéfiques pour personne. Malheureusement, c’est désormais la réalité, l’air du temps », a poursuivi Mme Nahtigal. Elle s’attend à ce qu’à court terme on voie s’aggraver les conditions d’accès des véhicules européens au marché américain.

La taxation imposée par les États-Unis pourrait avoir un impact de 1,1 % sur le produit intérieur brut (PIB) du Portugal, en particulier au cours des deux premières années de leur mise en œuvre, selon les projections de la banque centrale du pays (BdP).

Pour la zone euro, cette augmentation des droits de douane pourrait entraîner une contraction cumulée du PIB comprise entre 0,5 % et 0,7 % après trois ans, avec un impact plus important la première année, prévoit la BdP.

Bien que la perspective d’un éventuel conflit commercial mondial crée une incertitude quant à l’avenir de l’économie danoise, la Banque nationale du Danemark estime qu’elle devrait connaître une croissance relativement élevée dans les années à venir.

Le Danemark est aidé par la baisse de la part des exportations danoises sensibles aux droits de douane américains, qui atteint son plus bas niveau depuis six ans. C’est ce que révèle une analyse du Conseil économique du mouvement syndical danois, basée sur les chiffres de Statistiques Danemark.

Plusieurs entreprises danoises ont délocalisé une partie de leur production aux États-Unis. « Cela permet d’éviter les droits de douane, ce qui pourrait expliquer la baisse de ce chiffre », explique Sofie Holme Andersen, économiste en chef au Conseil des syndicats danois.

L’Europe prépare sa réponse

L’UE a indiqué avoir des plans pour faire face à l’annonce de Trump.

La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a déclaré mardi que l’Union espérait toujours une « solution négociée », mais que « tous les instruments étaient sur la table » pour riposter si nécessaire.

« Nous sommes ouverts aux négociations », a-t-elle déclaré aux législateurs européens à Strasbourg, « mais nous avons un plan solide pour riposter si nécessaire. » Mme von der Leyen a ajouté que son équipe consultait les États membres.

La Commission dirige la politique commerciale de l’Union des 27 pays et a été chargée des discussions avec les États-Unis afin d’éviter une guerre commerciale.

Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a annoncé que son gouvernement préparait un plan d’urgence pour aider les secteurs susceptibles d’être les plus touchés par une éventuelle guerre commerciale avec les États-Unis.

La porte-parole du gouvernement de Madrid, Pilar Alegría, a déclaré ce mardi que l’Europe, et l’Espagne, réagiraient « avec fermeté » si l’administration américaine imposait des droits de douane préjudiciables aux secteurs productifs de son pays.

En revanche, la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a mis en garde l’UE contre toute réaction impulsive. « Il est nécessaire d’agir de manière raisonnée, en cherchant un équilibre. » Mme Meloni entretient des relations plus étroites avec Washington que la plupart des dirigeants européens et espère servir de passerelle vers la Maison Blanche de Trump.

Le ministre italien de l’Agriculture, Francesco Lollobrigida, a déclaré que l’Italie et l’Europe « ne peuvent se permettre une guerre commerciale avec les États-Unis, car c’est notre principal marché. Nous devons réfléchir à la diplomatie, et non à la confrontation. »

Les États-Unis constituent le troisième marché d’exportation de la mode italienne, avec des échanges commerciaux de 4,5 milliards d’euros pour la mode et de 3,1 milliards d’euros pour les secteurs connexes entre janvier et octobre 2024, selon les données fournies par les associations professionnelles. Selon l’association agricole Coldiretti, le blocage des expéditions de vin vers les États-Unis par crainte de droits de douane pourrait coûter 6 millions d’euros par jour aux vignobles italiens.

« Écoutez, nous devons être très stratégiques dans notre réponse », a déclaré Olof Gill, porte-parole de la Commission européenne pour le commerce. « Je le répète, nous ne voulons pas avoir à réagir, mais, au risque de ressembler à mon fils de trois ans : ce sont eux qui ont commencé. »

« Je ne peux pas vous donner de calendrier précis pour notre éventuelle réponse à ces mesures avant même leur mise en œuvre, mais je peux vous assurer qu’elle sera opportune, solide, bien calibrée et qu’elle aura l’impact escompté », a-t-il ajouté.

Cet article est publié deux fois par semaine. Son contenu est basé sur les informations des agences participant à l’ENR.